Moussa Sissoko mis en examen dans un vaste scandale financier au FC Nantes
L'ancien international français Moussa Sissoko est mis en examen pour usage de faux dans le cadre d'une enquête judiciaire visant le FC Nantes, soupçonné d'avoir versé 8,2 M€ à un agent non licencié via des prête-noms.
Moussa Sissoko, 71 sélections avec les Bleus et pilier du dispositif de Didier Deschamps, a été mis en examen pour « usage de faux en écriture publique » dans le cadre d’une enquête judiciaire tentaculaire qui secoue le FC Nantes. L’affaire, instruite par le juge rennais Jérémy Mouchette, porte sur un réseau présumé d’exercice illégal de la profession d’agent sportif, d’abus de biens sociaux et de blanchiment en bande organisée.
Âgé de 37 ans et actuellement sous contrat avec le Panathinaïkos, le milieu de terrain — passé par Toulouse, Newcastle, Tottenham et Watford — est directement impliqué en raison de ses liens avec Bakari Sanogo, son oncle et agent historique. Ce dernier, dépourvu de licence d’agent en France, est suspecté d’avoir opéré au sein du FC Nantes par l’intermédiaire de prête-noms. C’est précisément ce lien familial et professionnel qui place Sissoko au cœur du dossier, pour une période couvrant ses deux saisons nantaises (2022-2024).
L’avocate du joueur, Me Carole-Olivia Montenot, minimise la portée du grief retenu contre son client: selon elle, il s’agirait d’un litige administratif portant sur la rédaction de documents justificatifs liés à un transfert de fonds privé entre Sissoko et son oncle, sans lien direct avec le marché des transferts ou le football professionnel.
L’enquête dépasse largement le seul cas Sissoko. D’après des sources judiciaires citées par L’Équipe, les montages financiers utilisés par le FC Nantes lors de plusieurs transferts — notamment ceux d’Emiliano Sala, Guillaume Gillet, Alban Lafont et Lucas Evangelista — seraient en « totale contradiction » avec le Code du sport. Entre 2015 et 2021, le club aurait versé 8,2 millions d’euros à Bakari Sanogo via Joaquim Batica, suspecté d’avoir servi de prête-nom. Les enquêteurs soupçonnent également que certaines « primes exceptionnelles » accordées à des joueurs servaient en réalité à rémunérer clandestinement Sanogo.
Outre Sissoko, plusieurs acteurs sont également mis en examen: le FC Nantes en tant que personne morale, Franck Kita (directeur général du club), Bakari Sanogo, sa compagne Sylvie B., ainsi que Joaquim Batica. Les qualifications retenues sont particulièrement lourdes: exercice illégal d’agent sportif, faux et usage de faux, blanchiment en bande organisée. L’affaire survient trois mois après la relégation du club en Ligue 2, ajoutant une crise judiciaire à une situation sportive déjà fragilisée.
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