Mis en examen pour corruption, le « flic des Bleus » plonge Zidane dans la tourmente
Mohamed Sanhadji, figure de confiance de l'équipe de France depuis vingt ans et membre désigné du staff de Zinedine Zidane, a été mis en examen en septembre 2026 pour corruption, recel et escroquerie. Il est accusé d'avoir soutiré plus de 300 000 euros à une quinzaine d'internationaux.
Mohamed Sanhadji, dit « Momo », commandant de police de 57 ans et pilier discret de l’équipe de France depuis deux décennies, a été mis en examen le 16 septembre 2026 pour recel de détournement de fonds publics, corruption active et passive, trafic d’influence et escroquerie. Celui qui devait intégrer le staff de Zinedine Zidane a évité la détention provisoire grâce à une caution de 80 000 euros, mais son contrôle judiciaire lui interdit désormais tout contact avec le monde du football.
Surnommé « La République » par les joueurs, Sanhadji était réputé incorruptible. Présent aux côtés des Bleus depuis 2004, il avait traversé toutes les crises — affaire Pogba, démêlés de Valbuena, dossiers Benzema et Griezmann — en gardien des secrets du vestiaire. Zidane le tenait en si haute estime qu’il avait voulu lui confier sa sécurité personnelle à Madrid; le policier avait alors refusé par attachement à la France.
Sa chute débute à l’été 2025, lorsque Le Canard enchaîné révèle un don de 180 300 euros versé par Kylian Mbappé à cinq officiers de sécurité après le Mondial au Qatar. Sanhadji en perçoit la plus grande part — 60 300 euros — sans la déclarer au fisc. Tracfin et l’IGPN s’emparent du dossier. La DGPN pointe également une anomalie statutaire: détaché seulement 80 jours par an à la FFF, il continuait de percevoir son plein traitement de fonctionnaire.
Fin 2025, il est mis à la retraite d’office. L’instruction judiciaire met ensuite au jour un système plus vaste. Entre 2020 et 2024, Sanhadji aurait soutiré plus de 300 000 euros à une quinzaine d’internationaux — parmi lesquels Hugo Lloris, Raphaël Varane, Mattéo Guendouzi et Mbappé — en invoquant un besoin urgent d’argent pour acquérir une résidence principale en hommage à son père. Les écoutes téléphoniques ont démenti cette version: l’argent visait en réalité à financer un investissement locatif. Mbappé lui aurait versé 120 000 euros via sa mère, Fayza Lamari, dont le domicile a fait l’objet d’une perquisition.
Les demandes auraient été multiples et variées — soins dentaires, billets de matchs, vacances aux frais des joueurs — et certains internationaux auraient en retour sollicité des services auprès du policier. En parallèle, Sanhadji entretenait sa hiérarchie policière avec des places VIP afin de préserver sa position au sein du dispositif de sécurité des Bleus.
Pour Zinedine Zidane, nommé sélectionneur à l’été 2025, l’affaire constitue un premier revers sérieux avant même d’avoir disputé un match officiel: l’un des 23 membres de son staff dévoilés en août se retrouve sous contrôle judiciaire, privant le nouveau sélectionneur d’un homme en qui il plaçait une confiance particulière.
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