Le tifo « Viva Roja » au Vélodrome relance la guerre froide entre les South Winners et Deschamps
Lors de la victoire de l'OM contre Strasbourg (4-0) en ouverture de Ligue 1, le tifo espagnol déployé par les South Winners a été interprété comme un message hostile à Didier Deschamps. Le vice-président du groupe de supporters dément, mais son passif avec l'ancien entraîneur marseillais alimente les doutes.
Un tifo aux couleurs de l’Espagne et à l’inscription « Viva Roja » a éclipsé une partie de la large victoire de l’Olympique de Marseille face à Strasbourg (4-0), vendredi soir au Stade Vélodrome, pour la première journée de Ligue 1. Déployé par les South Winners dans le Virage Sud, il a immédiatement été interprété sur les réseaux sociaux comme une pique adressée à Didier Deschamps et à l’équipe de France, au lendemain du sacre mondial de la Roja.
Rachid Zeroual, vice-président et figure historique des South Winners, a rapidement pris la parole pour démentir toute intention hostile. « Ce n’était pas contre Didier Deschamps. J’ai entendu tout un tas d’âneries. L’Espagne a gagné la Coupe du Monde, elle a eu un jeu collectif époustouflant qui m’a impressionné. Dans notre groupe, il y a aussi des membres d’origine espagnole, nous sommes multiculturels. Ne jouez pas sur de mauvaises idées », a-t-il déclaré.
Ses dénégations peinent toutefois à dissiper les soupçons, tant les relations entre Zeroual et Deschamps sont historiquement tendues. L’ancien capitaine des Bleus avait entraîné l’OM entre 2009 et 2012, et le chef des Winners avait lui-même raconté, sans ambages, une confrontation directe avec le technicien: « Il était dans un restaurant et j’y suis allé pour aller le remuer un peu. Je lui ai donné un conseil, c’est de partir de l’Olympique de Marseille. Et il est parti. Je l’ai fait trembler de tout son corps. Je lui ai dit que je lui décapsulerais la tête de ses épaules. »
Zeroual est par ailleurs associé, dans la mémoire du club, aux départs sous pression de plusieurs présidents marseillais — Jean-Michel Roussier, Yves Marchand et Christophe Bouchet — entre 1995 et 2004. Ce contexte nourrit naturellement la lecture politique du tifo, quelles que soient les intentions réelles de ses auteurs.
La polémique survient alors que l’OM aborde sa saison avec ambition, la victoire convaincante face à Strasbourg ayant offert un tout autre sujet de satisfaction aux 65 000 spectateurs présents. Le débat autour du Virage Sud risque néanmoins de s’inviter dans les prochaines semaines, à mesure que la question de la succession de Deschamps à la tête des Bleus continuera d’alimenter les discussions.
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