La FIFA annule la suspension de Balogun après des appels de Trump, la Belgique et le football mondial s'indignent
La commission d'appel de la FIFA a levé la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun, exclu lors du match précédent, après plusieurs appels téléphoniques directs de Donald Trump à Gianni Infantino. La décision, survenue à la veille du huitième de finale États-Unis–Belgique, a déclenché une vague d'indignation internationale.
La FIFA a annulé la suspension de Folarin Balogun, dimanche, à la veille du huitième de finale de la Coupe du monde 2026 opposant les États-Unis à la Belgique. L’attaquant américain, exclu lors du match précédent pour geste violent, aurait dû manquer la rencontre en vertu de l’article 66.4 du Code disciplinaire, qui prévoit une suspension automatique après un carton rouge. La décision de la commission d’appel est intervenue après plusieurs appels téléphoniques directs de Donald Trump au président de la FIFA, Gianni Infantino.
La Fédération Royale Belge de Football (RBFA) a publié un communiqué dans lequel elle se dit « stupéfaite » et dénonce une violation flagrante de l’équité sportive. Elle rappelle que la règle de suspension automatique « a d’ailleurs été ainsi appliquée pour tous les cartons rouges distribués jusqu’à présent » dans cette compétition, et annonce « poursuivre un examen approfondi du dossier » afin de « préserver les droits légitimes de l’ensemble des pays participants ainsi que les principes fondamentaux du fair-play ».
Le sélectionneur belge Rudi Garcia a réagi avec une ironie à peine voilée lors de sa conférence de presse. « Je ne savais pas qu’à la Coupe du monde de la FIFA, le 5 juillet était devenu le 1er avril et que c’était le jour du poisson d’avril », a-t-il lancé, avant d’adopter un ton plus grave: « Nous ne défendons pas seulement l’équipe nationale ou la fédération, nous défendons le football avec son éthique et son intégrité. »
La controverse dépasse les frontières belges. L’ancien international anglais Gary Neville a exprimé son écœurement: « Ça pue. Si le pouvoir politique commence à dicter qui peut jouer ou non un match éliminatoire de Coupe du monde, alors l’intégrité de la compétition est morte. » Le sélectionneur norvégien Stale Solbakken, pourtant euphorique après la qualification de sa sélection face au Brésil, a lui aussi fustigé la « grosse erreur de la FIFA » et une « très, très, très, très, très mauvaise décision », concluant: « Ce n’est pas bon pour le sport. »
Cet épisode survient moins de vingt-quatre heures après la polémique autour de l’arbitrage d’Ilgiz Tantashev lors de France-Paraguay, plongeant la FIFA dans une double crise d’image à un stade décisif du tournoi.
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