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Écarté des qualifications, Kopa rayonne quand même au Mondial 1958 et décroche le Ballon d'Or

Interdit de sélection pendant les éliminatoires en raison de son transfert au Real Madrid, Raymond Kopa est finalement rappelé pour la Coupe du monde 1958 et guide les Bleus vers une troisième place historique, avant d'être sacré Ballon d'Or.

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Écarté des qualifications, Kopa rayonne quand même au Mondial 1958 et décroche le Ballon d'Or
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Raymond Kopa a guidé l’équipe de France vers la troisième place de la Coupe du monde 1958 en Suède, malgré une absence totale lors des éliminatoires — conséquence directe d’une règle qui excluait alors les joueurs évoluant hors du championnat français.

La règle était simple et implacable: les Bleus ne sélectionnaient que des joueurs du championnat hexagonal. Recruté par le Real Madrid à l’été 1956, quelques jours après avoir perdu la finale de la Coupe des clubs champions face aux Merengues avec le Stade de Reims, Kopa se retrouve de facto écarté de la sélection nationale. Il passe ainsi à côté de l’intégralité des qualifications pour le Mondial suédois.

Sa convocation pour le tournoi lui-même suscite la polémique dans la presse française. Le directeur de l’équipe de France Paul Nicolas tient bon et confie à Albert Batteux, entraîneur du Stade de Reims, le soin de bâtir son équipe autour du meneur de jeu. Le pari est largement payant: la France bat l’Allemagne de l’Ouest 6-3 en match pour la troisième place, après avoir été éliminée par le Brésil de Pelé en demi-finales (5-2).

Si Just Fontaine termine meilleur buteur du tournoi avec treize réalisations — un record qui tient encore —, Kopa est l’architecte du jeu tricolore, épaulé par Roger Piantoni et Jean Vincent. Sa performance suédoise lui vaut d’être sacré Ballon d’Or France Football lors de la troisième édition du trophée, succédant à Stanley Matthews et Alfredo Di Stéfano. Il faudra attendre vingt-cinq ans pour qu’un second Français, Michel Platini, inscrive son nom au palmarès.

Né Raymond Kopaszewski d’une famille d’origine polonaise, le numéro 10 avait déjà disputé une première Coupe du monde avant de s’imposer comme le leader offensif incontesté des Bleus. À Madrid, il remporte deux titres de Liga et trois Coupes des clubs champions aux côtés de Di Stéfano et Puskas, dans le club bâti par Santiago Bernabéu. Une carrière madrilène éclatante, mais qui lui aura coûté plusieurs années en équipe de France — avant que le Mondial 1958 ne lui offre sa revanche.

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