Suspendu à son insu, Fournier coûte 13 M€ au PSG avant une remontada historique
En août 1997, le PSG aligne Laurent Fournier contre le Steaua Bucarest alors qu'il est suspendu, une erreur administrative qui coûte 13 millions d'euros au club et entraîne l'éviction du coordinateur sportif Guy Adam.
En août 1997, le PSG perd un match sur tapis vert face au Steaua Bucarest après avoir aligné Laurent Fournier, pourtant suspendu, lors du tour préliminaire de Ligue des champions. L’erreur administrative, qui prive le club parisien de 13 millions d’euros, n’empêche pas une nuit européenne mémorable au Parc des Princes.
Fournier, milieu défensif emblématique du PSG des années 1990, avait écopé d’une exclusion en Supercoupe contre la Juventus en janvier, puis d’un avertissement en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe en mai contre Barcelone — deux sanctions qui le rendaient inéligible pour la rencontre aller contre le Steaua, perdue 3-2 en Roumanie. « À l’époque, je prenais beaucoup de cartons. Je ne les comptabilisais pas », reconnaîtra-t-il plus tard au Parisien. L’UEFA avait pourtant notifié le PSG par fax de la suspension du joueur.
Le problème: ce fax n’est jamais remonté jusqu’à l’entraîneur Ricardo. Le coordinateur sportif Guy Adam, présent au club depuis plus de vingt ans et chargé de l’organisation des déplacements de l’équipe première, n’a pas transmis l’information lorsque Claude Le Roy, directeur sportif, et Ricardo l’ont interrogé sur d’éventuels suspendus. Résultat: défaite 3-0 sur tapis vert pour le match aller, et une facture de 13 millions d’euros pour le club. « Une boulette à 70 patates! », titrait L’Équipe.
Malgré ce handicap, le PSG réalise l’une des soirées les plus marquantes de son histoire européenne au Parc des Princes. Raï, capitaine brésilien, inscrit un triplé — sur penalty et de la tête, sur des services de Leonardo — après que Marco Simone et Florian Maurice avaient permis aux Parisiens de revenir à égalité en fin de première période.
La remontada a un prix humain. Le président Michel Denisot, furieux de la bourde, sanctionne Guy Adam: le coordinateur est d’abord dépouillé de toutes ses responsabilités, avant d’être définitivement écarté du club quatre ans après l’incident. Fournier, lui, ne s’est pas considéré comme le principal responsable: « Comme toute l’équipe, j’ai pris un énorme coup de massue sur la tête. Mais le groupe s’est aussitôt remobilisé. »
Cet épisode reste l’un des plus coûteux de l’histoire administrative du football français, et illustre à quel point une négligence bureaucratique peut peser autant qu’une défaite sur le terrain.
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