Rodolphe Saadé freiné par la peur des ultras avant d'investir dans l'OM
Le patron de CMA CGM, Rodolphe Saadé, envisagerait d'entrer au capital d'un OM endetté à 120 millions d'euros, mais sa crainte des groupes de supporters ultrass freinerait toute prise de participation au-delà du sponsoring.
Rodolphe Saadé, PDG de l’armateur CMA CGM et déjà sponsor maillot de l’Olympique de Marseille, réfléchirait à une entrée au capital du club, mais sa peur des ultras constituerait un frein décisif, selon le Journal du Dimanche.
L’OM traverse une période financière critique. Le nouveau président Stéphane Richard, successeur de Pablo Longoria, a hérité d’un club endetté à hauteur de 120 millions d’euros. Lors d’un événement organisé par CMA CGM cette semaine, il n’a pas mâché ses mots: « Quand vous avez une entreprise qui peut perdre plus de 50 % de son chiffre d’affaires, on peut dire qu’elle est à risque. Elle est à risque de survie. Elle est à risque aussi sportif. On a des exemples autour de nous: les Girondins de Bordeaux. Ceux qui pensent que l’OM est immortel parce que c’est l’OM se trompent. »
Ces déclarations n’ont pas été prononcées par hasard. Dans l’auditoire figurait Rodolphe Saadé en personne, proche de Stéphane Richard et déjà lié au club via le contrat de naming du maillot. Au printemps dernier, le propriétaire américain Frank McCourt avait ouvert la porte à de nouveaux partenaires financiers, laissant entrevoir la possibilité d’une entrée au capital.
Mais selon le JDD, le milliardaire franco-libanais nourrit une appréhension bien précise. « Sa phobie, c’est d’avoir les ultras en permanence au pied de sa tour », confie un observateur proche du dossier cité par l’hebdomadaire. Le siège de CMA CGM, tour emblématique du port de Marseille, se trouve à quelques encablures des abords du Vélodrome, et Saadé ne souhaiterait pas s’exposer à la pression permanente des groupes de supporters les plus radicaux.
Le JDD précise ainsi que le patron de l’armateur « ne rachètera pas le club », même s’il « réfléchirait à la meilleure façon d’aider l’OM à sortir de l’ornière ». Une aide qui resterait donc circonscrite au cadre du sponsoring existant, sans prise de contrôle ni participation significative au capital.
L’OM, sous surveillance des instances nationales et européennes, doit composer cette saison avec une cure d’austérité sévère. L’absence de renforts financiers substantiels cet été illustre la fragilité d’un modèle économique que Stéphane Richard lui-même qualifie de menacé.
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