Le TAS confirme les amendes de la Fifa contre le Mexique pour des chants homophobes avant la Coupe du Monde
Le Tribunal arbitral du sport a rejeté l'appel du Mexique contre des amendes de la Fifa totalisant 140 000 francs suisses pour des chants homophobes de supporters, quelques jours avant que le Mexique n'accueille l'Afrique du Sud au Stade Azteca le 11 juin.
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a confirmé les amendes de la Fifa totalisant 140 000 francs suisses (178 000 dollars) contre la fédération mexicaine de football pour des chants homophobes de supporters, rejetant le dernier appel de la fédération quelques jours avant l’ouverture de la Coupe du Monde 2026 à Mexico.
La décision, rendue suite à une audience en mars à Miami, favorise partiellement le Mexique: la sanction de fermeture du stade qui accompagnait les amendes a été levée. Les amendes elles-mêmes, en revanche, sont maintenues intégralement.
Le chant au cœur du litige est une insulte espagnole d’un seul mot signifiant « prostitué », traditionnellement dirigée contre les gardiens adverses lors des coups de pied de but. Il a d’abord attiré l’attention internationale lors de la Coupe du Monde 2014 au Brésil et a été enregistré à nouveau à la Russie 2018 et au Qatar 2022, malgré des campagnes éducatives répétées de la fédération. Les poursuites de la Fifa qui ont déclenché cette affaire du TAS provenaient d’incidents détectés par des moniteurs anti-discrimination lors de matchs internationaux en 2024 contre la Bolivie, l’Uruguay, le Brésil et les États-Unis.
Les juges du TAS ont reconnu que la fédération mexicaine avait déployé des efforts d’atténuation depuis 2015 pour « éduquer, prévenir et éradiquer le chant ». Néanmoins, la cour a constaté que « la conduite des supporters était collective et généralisée, et non simplement un incident isolé ». Tout en reconnaissant la « nature unique » du défi auquel font face les autorités du football mexicain, le panel a conclu que la fédération ne pouvait pas échapper à sa responsabilité.
La décision intervient à un moment particulièrement sensible. Le Mexique est co-organisateur de la Coupe du Monde 2026 aux côtés des États-Unis et du Canada, avec des moniteurs anti-discrimination qui doivent opérer lors des 104 matchs du tournoi. L’équipe nationale masculine ouvre sa phase de groupes contre l’Afrique du Sud le 11 juin au Stade Azteca — le même lieu où le chant est le plus fréquemment entendu — avant d’autres matchs à domicile contre la Corée du Sud à Guadalajara et la République tchèque au Stade Azteca.
Cette décision est le dernier chapitre d’un différend entre le Mexique et la Fifa qui s’étire depuis plus d’une décennie. Sur le terrain, le Mexique n’a jamais dépassé les quarts de finale d’une Coupe du Monde, atteignant ce stade en tant que pays hôte en 1970 et 1986. Entre 1994 et 2018, ils ont été éliminés en huitièmes de finale lors de sept tournois consécutifs, et au Qatar, ils n’ont pas dépassé la phase de groupes, remportant une seule victoire en trois matchs avant d’être éliminés avant les champions finaux, l’Argentine.
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