La FFF réserve un Four Seasons entier à Boston, une facture qui fait débat avant le Mondial
Alors que la Fédération française de football affiche un déficit de 8,7 millions d'euros en 2025, le choix du Four Seasons de Boston — dont la privatisation totale pourrait coûter jusqu'à 12 millions d'euros — suscite des critiques en interne à quelques semaines de la Coupe du monde 2026.
La Fédération française de football a privatisé l’intégralité du Four Seasons de Boston pour loger l’équipe de France durant la Coupe du monde 2026, une décision qui soulève de vives interrogations en interne alors que la FFF traverse une période financière difficile. Selon une enquête du site Blast, cosignée par le journaliste Romain Molina, le déficit de la fédération a atteint 8,7 millions d’euros en 2025, et plusieurs ligues régionales seraient au bord de la faillite.
L’hôtel cinq étoiles, situé en plein centre-ville de Boston, compte 239 chambres. Un haut responsable de la fédération cité par Blast estime que la facture pourrait dépasser les 12 millions d’euros: « Si la fédération a réservé 200 chambres pour au moins 30 jours, c’est donc au moins 6 000 nuitées à 2 000 euros, soit 12 millions d’euros juste pour l’hébergement. » Une partie des chambres resterait inoccupée, seuls quelques clients résidents permanents cohabitant avec le groupe de Didier Deschamps.
Le président de la FFF Philippe Diallo a répondu à ces critiques en confirmant la privatisation de l’établissement, tout en contestant le montant avancé: « Nous voulons tout mettre en œuvre pour que l’équipe de France soit dans les meilleures conditions, mais le prix est sensiblement inférieur à celui que vous évoquez. » La FIFA prend en charge une partie des frais d’hébergement, mais uniquement pour un maximum de cinquante personnes par association et selon un tarif fixe dépendant du parcours de chaque équipe dans la compétition.
Le choix de ce palace urbain interpelle d’autant plus que les Bleus s’entraîneront en banlieue de Boston, à environ trente minutes de route. Aucune autre grande sélection participante n’aurait opté pour un hôtel de luxe en centre-ville, un complexe hôtelier en périphérie ayant été jugé suffisant par les autres nations.
L’affaire prend une dimension politique au sein de la fédération à l’approche d’un tournoi que Didier Deschamps, sélectionneur depuis 2012, devrait disputer avant de quitter son poste. « Comme Didier va quitter son poste après la Coupe du monde, si cela se passe mal ils vont lui faire porter le chapeau du choix de l’hôtel, alors qu’il n’était pas au courant du prix », confie un membre influent de la FFF à Blast. La pression sportive et financière converge ainsi vers le même point: un parcours au moins jusqu’en demi-finales est considéré en interne comme indispensable pour renflouer les caisses, malgré des revenus substantiels tels que le contrat Nike évalué à 100 millions d’euros par an.
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