Dopage à la Juventus : les accusations qui suivent Zidane depuis vingt ans
Vingt ans après sa retraite, Zinedine Zidane reste confronté aux soupçons de dopage liés à son passage à la Juventus Turin. Entre aveux de perfusions devant la justice italienne et un test de testostérone suspect en 1997, les zones d'ombre persistent.
Vingt ans après la fin de sa carrière, Zinedine Zidane n’a jamais totalement échappé aux soupçons de dopage nés de son passage à la Juventus Turin. Des révélations issues d’un procès italien et d’un livre biographique continuent d’alimenter le débat.
En janvier 2004, entendu comme témoin au tribunal de Turin dans le cadre d’un procès pour « fraude sportive » visant deux dirigeants de la Juventus, Zidane avait reconnu avoir reçu de la créatine et des vitamines en perfusion durant son séjour au club. « Cela ne m’était jamais arrivé auparavant en France, ni maintenant en Espagne », avait-il précisé à la barre. Il avait également cité deux produits spécifiques: l’Esafosfina et le Neoton, dont il justifiait la prise par une maladie génétique, la thalassémie, entraînant selon lui une carence en fer.
Cette explication a toutefois été mise en doute par Besma Lahouri, auteure de Zidane, une vie secrète (2008). Selon elle, les examens médicaux réalisés tout au long de la carrière du joueur n’ont jamais révélé de déficit en fer. Si la créatine n’était pas inscrite sur la liste des substances interdites par le Comité international olympique, son usage par voie de perfusion suscitait des interrogations. Une professeure de pharmacologie, interrogée dans un reportage diffusé en septembre 2016, avait qualifié ces pratiques de « dopage légal »: « Il n’y a absolument aucune différence entre se doper et prendre ces produits à haute dose ou sur de longues périodes. »
Le livre de Besma Lahouri soulève par ailleurs un épisode antérieur. Lors d’un stage hivernal des Bleus à Tignes fin décembre 1997, un contrôle inopiné conduit par Alain Garnier, alors directeur du bureau européen de l’Agence mondiale antidopage, avait provoqué la colère du sélectionneur Aimé Jacquet. Marie-Florence Grenier-Loustalot, spécialiste du dépistage des produits dopants ayant collaboré avec le CIO, affirme qu’« un des tests réalisés en première instance présentait un taux suspect de testostérone ». L’affaire n’avait pas eu de suite judiciaire.
Ces éléments, jamais formellement sanctionnés, n’ont pas entamé la popularité de Zidane, consacrée par son doublé en finale de la Coupe du monde le 12 juillet 1998. Ils constituent néanmoins un dossier ouvert que les années n’ont pas refermé.
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