Bouaddi choisit le Maroc et brille contre le Brésil : Rothen accuse Deschamps d'avoir laissé filer un talent rare
Auteur d'une belle prestation avec le Maroc face au Brésil (1-1) à la Coupe du monde, Ayyoub Bouaddi cristallise les regrets en France. Pour Jérôme Rothen, Didier Deschamps et la FFF portent une part de responsabilité dans la perte du milieu du LOSC.
Ayyoub Bouaddi a confirmé samedi, face au Brésil (1-1), que le Maroc avait récupéré l’un des milieux de terrain les plus prometteurs de sa génération — un joueur formé dans les équipes de France de jeunes jusqu’en mars dernier.
Le milieu du LOSC, 18 ans, avait expliqué son choix sans ambiguïté après sa convocation par les Lions de l’Atlas: « Le coach et le président m’ont tout de suite dit de faire le choix du Maroc, que c’était le bon choix. J’ai fait mon choix et j’en suis très fier. C’est un soulagement. » Une décision assumée, qui tranche avec le discours tenu à la même période côté français.
Didier Deschamps avait en effet évoqué le dossier Bouaddi en mars avec une certaine distance: « Je n’ai pas échangé avec lui, ce n’est pas ma manière de fonctionner. Il y a une concurrence très forte, six milieux appelés. Ce sera son choix. » Des mots qui ont heurté Jérôme Rothen, pour qui le sélectionneur tricolore porte une responsabilité directe dans ce départ.
« Quand j’entends les paroles du sélectionneur Didier Deschamps, moi ça me choque, a réagi le consultant. Bouaddi, on n’a pas attendu de voir ce qu’il a fait contre le Brésil pour se rendre compte que c’est un jeune qui était en avance. À 18 ans, il a plus de 100 matchs de Ligue 1 dans une équipe qui joue la Ligue des champions. Il l’a déjà jouée avec beaucoup de réussite alors qu’il n’avait que 17 ans. »
Pour Rothen, la passivité de l’encadrement des Bleus est d’autant moins compréhensible que la France souffre précisément dans ce secteur: « Quand tu as un jeune comme ça dans le championnat, qui a toujours porté les couleurs de l’équipe nationale chez les jeunes, c’est le rôle du sélectionneur et du président de la Fédération de prendre le téléphone et de lui dire que la France c’est bien, qu’on va continuer la progression. Et en plus dans un secteur où on souffre — ce n’est pas comme dans le secteur offensif où le vivier est pléthorique. Quand tu vois nos milieux de terrain et la prestation de Bouaddi… »
Le joueur, lui, semble avoir définitivement tourné la page. Sa prestation face au Brésil, l’une des nations favorites du tournoi, n’a fait que renforcer la conviction qu’il a fait le bon choix — et alimenter les regrets de l’autre côté de la Méditerranée.
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