À 14 ans, Deschamps choisit Nantes plutôt que Bordeaux et sa mallette de billets
En 1983, le jeune Didier Deschamps quitte Bayonne pour le centre de formation du FC Nantes, rejetant une offre spectaculaire des Girondins de Bordeaux dont le président Claude Bez s'était déplacé en personne avec une somme en espèces pour arracher sa signature.
En 1983, à 14 ans et demi, Didier Deschamps quitte Bayonne pour rejoindre la Jonelière, le centre de formation du FC Nantes, tournant le dos à une offre extravagante des Girondins de Bordeaux. Ce choix fondateur, rappelé cette semaine après l’absence du sélectionneur à un match des légendes organisé dans sa ville natale, éclaire la trajectoire d’un homme façonné autant par ses valeurs familiales que par son talent.
Le dossier Deschamps avait pourtant failli basculer du côté girondin. En 1982, le président bordelais Claude Bez se déplace en personne au domicile familial et pose une proposition sans plafond: « Mettez le chiffre que vous voulez », rapportait Le Monde en juin 2021. La légende familiale ajoute qu’une somme en espèces aurait même été présentée dans une mallette. La réaction du grand-père de Didier résume l’ambiance: « Mais c’est un maquignon celui-là! »
La famille tranche sans hésiter en faveur du projet humain des Canaris. Deschamps avait été repéré lors des sélections régionales avec la Ligue d’Aquitaine par Gilles Rampillon et Jean-Claude Suaudeau, responsable de la formation nantaise, qui décèlent chez lui une maturité inhabituelle pour son âge. « Quand je suis arrivé à Nantes, je n’étais ni le plus rapide, ni le plus technique. Mais j’avais cette haine de la défaite et une capacité à organiser les autres qu’ils ont tout de suite repérée », a confié le sélectionneur.
L’adaptation n’est pas immédiate. « L’éloignement familial, la discipline, l’exigence… C’était un autre monde », reconnaît-il. Mais la culture d’accueil nantaise amortit le choc du déracinement pour l’adolescent basque. « Le FC Nantes avait cette culture d’accueil et d’éducation qui faisait qu’on ne se sentait jamais vraiment abandonné », résume-t-il.
Ce choix de 1983, dicté par des convictions plutôt que par l’argent, préfigure la ligne de conduite qui traversera toute la carrière de Deschamps, joueur puis entraîneur. Le Pays Basque, lui, reste son ancrage affectif: formé à l’Aviron Bayonnais jusqu’à ses 14 ans, il devait être honoré mardi lors du match des légendes organisé par Pascal Olmeta, avant de finalement décliner l’invitation.
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